Sur ma route, de Paris à Noël #1

ATTENTION: cette histoire est tirée de faits réels !

Le RER sonne. Une foule d’hommes, de femmes, de jeunes, de vieux, de touristes, de locaux s’engouffrent par les portes automatiques. La masse se presse en haut et en bas, son équilibre précaire menacé par un démarrage un peu brusque. Vite, l’alarme retentit. « Les derniers arrivés seront les derniers assis…ou pas » : voici une application dans la vie réelle des chaises musicales, au détail près que la musique n’est rien d’autre qu’une affreuse alarme et qu’il y a menace de chute pour le perdant…  bref ce flot humain est entré, c’est l’essentiel. Le wagon sur rail reprend sa marche, se vide et se dévide au gré des stations. Le train-train quotidien, quoi. Il en va de même pour les passagers : on trouve de tout : des bavards qui ne tarissent pas, des lecteurs passionnés, des endormis –le train est la berceuse idéale- des touristes aventuriers à la recherche de quelque sentier inexploré ou encore les modérés, ceux qui suivent scrupuleusement leur guide du Routard. Ou les serial-shoppeurs, ces individus chargés de paquets tous plus gros les uns que les autres…

Le train roule, roule et les immeubles succèdent aux parcs qui deviennent des maisons. Une frise d’architectures. Montparnasse. Terminus. Terminé. Nous sortons. Le flot humain se déverse : les uns vont  machinalement vers les bouches de métro, ces gouffres souterrains qui sillonnent tout Paris. Un réseau de petites fourmis sur rail. Les autres rejoignent le plein air, cet air frais qui pique le nez et rougit les joues. 20 marches plus tard, on émerge. On se jette alors dans la foule sans même savoir où l’on va, guidé seulement par quelques réminiscences de trajet. Guidé aussi par un GPS aussi perdu que retord. On demande alors sa route : une femme pressée pointe le doigt vers l’est. L’est ? Ou est-ce l’ouest ? Ce doit être la dernière option : nous sommes effectivement à l’ouest. On marche. Toujours rien. Alors on demande notre chemin : on accoste un homme, la cinquantaine, l’air tranquille. Sa fille est à ses côtés. Faites plus précis que lui et je mange mon chapeau. « Tout droit, au feu vous tournez à droite. Là, à gauche. Vous descendez la rue. » Impossible de se perdre. Mais ne dit-on pas : « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Ce pourrait être héroïque, mais non. Nous nous sommes encore perdues. Pour la troisième fois, nous demandons notre chemin : mauvaise pioche. La femme nous regarde ou plutôt nous fusille du regard. Charmant. Nous déambulons : après tout, se perdre n’est pas si désagréable. Toujours est-il que nous atterrissons dans un magasin où l’âge moyen avoisine les 7 ans. On peut dire que nous sommes à notre place, au milieu des sapins, des doudous, des carnets. Un coin plus sobre, plus design rompt avec la blancheur du lieu : l’âge moyen se trouve multiplié par trois. Nos chaussures semblent plus hautes tout à coup, des talons semblent nous pousser quand les ailes duveteuses et inexercées de l’enfance tombent. Sans vraiment nous quitter : c’est l’esprit de Noël, tout est permis, même de s’extasier devant d’énormes peluches lapins et des ribambelles de luminions. C’est Noël, et on en profite. Nous quittons les lieux. La quête reprend.

[suite mercredi]

Crédit photo: Hannes Wolf

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