Sur ma route, de Paris à Noël #2

[…] Qui eut cru que notre graal du jour serait non pas le Bon Marché comme prévu, mis bien la personne qui serait capable de nous montrer le chemin. Un café attire notre attention, la jeune femme devant aussi : l’air sage, avenant : une bonne proie pour deux jeunes filles mal en pieds. Oui en pieds ! Une heure de marche à compter de Montparnasse. Et toujours pas arrivée ! Le vent semble fredonner à nos oreilles. Tendons l’oreille. Et même les deux oreilles. Une chanson, plutôt répétitive mais entraînante. Ca y est, on capte un mot, puis deux, puis trois. Stop ! « Un kilomètre à pieds, ça use, ça use, un kilomètre à pieds, ça use les souliers. Deux kilomètres à pieds, ça use, ça use, deux kilomètres à pieds, ça use les souliers ! Trois kilomètres à pieds, ça use, ça use… » Stop ! Trop de kilomètres au compteur, il est temps de renouveler le véhicule. Et de laisser l’ancien se reposer un peu. Alors nous entamons la conversation. Très polie, très directe, très clair.  D’un pas décidé, le talon douloureux, mais gonflées d’espoir, nous entamons l’ultime étape. Enfin, c’est ce que nous pensions. Disons qu’une dizaine de minutes plus tard, la vue d’un certain café nous a étonnées, voire bouleversées quand nous sommes passé devant… Un petit air de déjà vu peut-être ? Nous tournions littéralement en rond ! Comme des électrons qui n’entrent jamais en contact avec le noyau, impossible de trouver ce Bon Marché ! Alors nous refaisons le même chemin, vérifions chaque virage. Rien. Notre dernier espoir, notre joker : une famille de deux jeunes enfants, l’air aimable et surtout, des habitués. La femme s’exprime avec un accent du nord, elle doit être allemande, mais elle connaît bien. D’un grand sourire nous la gratifions. Le pas s’accélère, les pieds protestent. Une heure et vingt minutes après notre retour à la surface, le Bon Marché nous apparaît. Surtout la Grande Epicerie qui a le don d’exciter nos petits estomacs. De nouveau, une musique, plus gourmande cette fois, plus sucrée : « Un kilomètre à pieds, ça creuse, ça creuse, un kilomètre à pieds, ça creuse l’estomac. Deux kilomètres à pieds, ça creuse, ça creuse, deux… » Le talon motivé, nous entrons : que d’étals ! Nous errons au milieu des nougats, des chocolats et des guimauves, nous bifurquons vers le quartier des boissons et prenons la rue du traiteur. Avant d’atterrir place du foie gras. Puis prendre à gauche direction Les Caisses. Etonnante facilité avec laquelle on se repère quand l’estomac gronde… L’instinct de survie certainement ! Vous ne trouvez pas ? L’embouteillage se dissipe et nous payons. Le péage passé, l’Epicerie quittée, nous entrons au Bon Marché.

[suite vendredi]

crédit photo: Andrew Neel

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