La dissertation #1 (d’après une histoire vraie)

Un petit texte tiré d’une expérience personnelle… Peut-être cela vous rappellera de bons souvenirs… à l’heure où vous étiez encore sur les bancs de l’école… Je vous laisse juger !

Le lycée surgit derrière deux arbres… Apeurées presque, nous sortons de la voiture. Nous voici en terre inconnue, bien loin de nos repères. Nous avons de l’avance, une heure devant nous pour profiter de ce magnifique soleil et de ce lumineux ciel bleu : le temps idéal pour s’enfermer. Pire encore : pour disserter. Assises sur le rebord de pierre, tout contre les barreaux verts, nous attendons. Etrangères à l’aventure ? Plutôt touristes peu curieuses. Un groupe de locaux nous interpellent : «Vous êtes d’ici ? Non ? Mais vous êtes là pour quoi ? Concours général de philo ? C’est quoi ça ? » Nous tournons alors la tête, presque simultanément, vers l’affiche pourtant bien en évidence à l’entrée… Les locaux sont-ils aveugles en ces contrées lointaines ? L’heure tourne, et peu à peu arrivent d’autres étrangers… Qu’il est facile de distinguer celui qui ne vient pas d’ici… La démarche hésitante, presque empruntée, l’air sage ; et surtout, l’arrivée : tous arrivent en auto, souvent par trois, parfois quatre et jamais seul ; l’auto ralentit devant le long bâtiment que l’on nomme  lycée et l’on aperçoit alors trois têtes scrutant de tous leurs yeux ce rectangle de béton. « Vous êtes arrivés à destination » a-t-on envie de hurler. Et effectivement, chaque délégation sort du véhicule, prend ses maigres bagages et se dirige plus ou moins assurément vers le portail. Six groupes cohabitent maintenant, dont cinq bandes d’autochtones. D’un côté, les « bavards », c’est-à-dire ceux qui osent nous adresser la parole ! Vêtus d’un même sweat gris aux initiales brodées de rouge, ils viennent d’une contrée frontalière de la nôtre. De l’autre, les « intemporels », deux jeunes qui semblent plus âgés, plus singuliers aussi : le garçon a les cheveux courts, seule dépasse une (longue) fine natte tressée de mauve. Il porterait presque une cape tant son manteau de cuir s’allonge vers les chevilles. La jeune fille paraît absorbée par son discours, auquel nous n’avons pas accès et nous dirigeons toute notre attention vers les nouveaux arrivants, arrivants mais pas arrivés : des timides, certainement, et si peu en confiance qu’ils préfèrent la compagnie d’un feu rouge bordé de route passante au confort d’un rebord bétonné. Etrange attitude, mais pas autant que leur style. Les Raybans teintées, cheveux dressés, blouson de cuir, attitude (presque) décontractée, le Mickael Jackson à la voix de klaxon reste cantonné en son domaine. Vient alors un groupe de filles qui jaillissent d’un petit véhicule pour atterrir au pied d’un noisetier. Toutefois, précisons que dans l’histoire, les plus courageux étaient bien notre groupe : nous étions en effet à quelques trente mètres de la Cité Encore Interdite quand les autres se tenaient plus en retrait… Un appel : la Cité s’ouvre, passeport d’une main, convocation dans l’autre, nous nous apprêtons à entrer dans un nouvel univers.

 

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